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Les conditions de la production agricole sont trop souvent méconnues des citoyens-citadins. Et que dire des enfants qui n’ont jamais vu un veau, qui ne savent pas qu’on traie les vaches matin et soir, que les poulets ne sont pas panés, que les cochons font des jambons, que le blé mûrit en été et qu’on cueille les poires sur les poiriers à l’automne ! Le fossé grandissant entre ceux de la campagne et ceux des villes a créé des zones d’ignorance, des failles dans la mémoire collective.

Pour réapprendre à se connaître, pour retrouver le sens commun, l’équilibre de la terre et des saisons, les journées « portes ouvertes à la ferme » sont un premier pas, qu’il ne faut pas hésiter à franchir aussi souvent que possible. Pour découvrir aussi les nouvelles techniques utilisées, les ficelles et les machines qui font le quotidien du fermier. Pour les enfants, les visites pédagogiques sont toujours un enrichissement quand les fermes ne sont pas transformées en gentil musée vivant. Une ferme, ça sent le fumier ! La paille, le lisier. Les vaches meuglent, les dindons se battent, les chèvres mordillent le bas des pantalons. Si les poireaux se repiquent à la main, les pommes de terre se récoltent souvent à la machine. A chacun sa méthode.  

Avant d’exiger d’avoir des fraises en mars et des tomates toute l’année, il faut connaître les conditions de production liées aux saisons. Serres chauffées ou simples tunnels ne donnent pas les mêmes résultats. Traiter les plants avec des pesticides, les limiter ou s’en passer, n’aura pas le même impact sur la nature, ni sur la santé. Mettre des engrais naturels ou chimiques n’a pas les mêmes conséquences, ni sur le sol, ni sur l’homme. Et les choux en hiver seront plus ou moins gros, les carottes irrégulières, les navets parfumés.  

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Travailler en transparence, c’est savoir exactement comment l’agriculteur, responsable, utilise au mieux les outils à sa disposition pour produire les aliments qui seront dans nos assiettes.

Le lien privilégié qui s’établit entre un GAC (Groupement d’Achat Collectif) et un producteur, à travers l’achat de paniers ou l’abonnement, prévoit des visites régulières à la ferme, où les conditions de production sont clairement expliquées. Mais les questions que posent les consom’acteurs renvoient aussi l’agriculteur à s’interroger sur sa manière de fonctionner.

Les intrants (engrais, pesticides, herbicides, mais aussi les compléments protéinés ou PSC) représentent un poste important dans le budget d’une exploitation. Ainsi, la possibilité de remettre les vaches « tout à l’herbe » (trèfle, lupin) est certainement la piste la plus réaliste pour atteindre l’autonomie et garantir au producteur une meilleure maîtrise de ses coûts.  Les éleveurs qui se sont lancés, ceux qui appliquent la méthode Censier, n’ont pas à le regretter. Mais ils sont peu nombreux encore en Belgique.

Saveurs Paysannes veut faire connaître ces expériences qui ont valeur d’exemples pour les fermes familiales. Faire connaître aussi les paysans qui font de l'agriculture raisonnée, de l'agriculture bio ou de la permaculture. Enfin, il faut encourager le consommateur à poser les bonnes questions au moment d’acheter. Dans quelles conditions ce poulet a–t-il été élevé, combien de fois ces pommes ont-elles été traitées, qui sont les hommes et les femmes qui ont travaillé derrière ce blé ou ce fromage ? Et les fraises auront forcément un autre goût !

 

 

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